Rapport moral

Humilité, c’est le mot qui m’est venu à l’esprit en préparant ces mots.

Pourtant n’y aurait-il pas de légitime fierté à fêter les 20 ans du centre social ? Ce jour de notre Assemblée Générale coïncide (à quelques jours près) avec cette date anniversaire du premier agrément délivré par la Caisse d’Allocations familiales au centre social de Sommières porté par le Cart.

Dans mon activité antérieure, éducation populaire, action associative, Économie Sociale et Solidaire, SCOP, je n’ai sans doute pas toujours été humble. Alors qu’est ce qui me pousse à prendre l’humilité comme fil conducteur de ce propos ?

Une seule année de présidence c’est peu face à l’engagement au long cours de certains, bénévoles et salariés de Calade, au sein de l’action territoriale de Calade.

Et pourtant je fais partie des membres fondateurs du centre social mais en présence d’autres de ces fondateurs, là encore, l’humilité s’impose. Calade est un projet collectif, et sans humilité pas de collectif.

Et cet esprit collectif est toujours présent, à tous les échelons de Calade, de la vie associative à la gestion du travail.

L’humilité me vient encore à l’esprit  car c’est à la fois une réalité et une forme de « label qualité » du quotidien : une action citoyenne intégrée à son territoire.

Certes il faut le dire, le communiquer, mais sans trop de « coups clairon ». C’est mon concept « d’humilité active », Et je parle là de démocratie. Rien de moins. Cela je peux me permettre de l’évoquer en tant que président. La démocratie se pratique à ce prix : être acteur, à sa place parmi les autres sur la scène locale.

La période que l’on traverse n’est sans doute pas étrangère à la teneur de mes propos, mais force est de constater que toutes les activités de Calade sont tendues vers ce but et résonnent heureusement à contre-courant de ce que vers quoi certains discours voudraient nous amener. Et ceci que ce soit dans les programmes que développe Calade, les publics de plus en plus nombreux auxquels on s’adresse, l’action des salariés et des bénévoles, etc.

Les résultats se traduisent par une efficience avérée, dans l’accès à la citoyenneté, la lutte contre l’exclusion, le partenariat territorial et institutionnel, le management participatif, dans le cadre quotidien des activités avec les usagers et de la gestion de la structure avec les salariés.

Le socle des valeurs de Calade est bien là et c’est dans cet esprit que les activités se déroulent ou se créent.

L’année 2016 consolide autant les activités « classiques » de Calade qu’elle annonce des projets nécessitant une adaptation de son fonctionnement.

Par exemple, la reconduction 2016-2018 de la Convention pluriannuelle avec la Communauté de communes du Pays de Sommières illustre une forme de continuité. Mais de mon point de vue cela va plus loin car les contraintes respectives de nos deux structures signifient  que la signature d’une telle convention est un acte politique fort pour continuer à offrir de l’information et des services aux habitants du territoire, notamment les plus fragiles ou momentanément dans une mauvaise passe.

Dans ce contexte le conventionnement de Calade pour être Maison des Services Publics (MSAP), initiée en 2016, va permettre d’améliorer encore la qualité de l’accueil et des conseils au public. C’est un axe fort de Calade pour 2017. J’emploie le présent car à ce jour nous pouvons  annoncer que nous sommes Maison de services au Public.

Ce travail de développement social fait par Calade viendra renforcer l’offre faite grâce à la convention avec la CCPS.

Une autre activité, bien ancrée à Calade et sur le territoire évolue. Je veux parler des chantiers dits d’insertion. Leur utilité sociale n’est plus à démontrer avec une autre valeur ajoutée celle de la conservation du patrimoine local ou la création d’espaces publics. Pour ce faire, les prestations techniques doivent être à la hauteur. Les dernières réalisations à Calvisson ou Cannes et Clairan le montrent. La tendance future de ces chantiers sera donc de continuer à proposer des prestations de qualité, prestations utiles aussi bien aux collectivités qu’aux salariés de ces chantiers pour les compétences qu’ils y acquièrent.

Il faut rappeler que ces chantiers ne viennent pas en concurrence avec les entreprises locales mais en complémentarité et en partenariat. Par exemple les salariés des chantiers accomplissent des périodes d’immersion professionnelles dans les entreprises.

Et ce partenariat avec les entreprises se continuera d’autant plus en 2017 car il sera même "impératif".  En effet, des actions d’insertion collectives et individuelles vont être regroupées et financées différemment, par des fonds européens appelés Fonds social européen ou FSE. Ceci implique non seulement une réorganisation importante en interne mais cela va infléchir le contenu même de l’opération avec des répercussions sur chacune des actions «  classiques » la composant. Pour ce faire, nous avons créé un nouveau secteur, « Calade PRO » où l’axe emploi sera important (et où il faudra des résultats …).

Je reste encore un peu en 2016 pour citer, parmi tant d’autres, 2 actions sans préjudice aux nombreuses autres.

L’une symbolise à mon sens le fondement des valeurs de Calade : "Aux arts, citoyens!",  exposition itinérante d’œuvres d’habitants organisée par le centre socioculturel de Calade. Elle est née à Calvisson en janvier 2016 et a cheminé dans le Gard, s’enrichissant des œuvres de ses hôtes.

Chacun, petit ou grand, en groupe ou individuellement a pu proposer sa vision de la citoyenneté.

150 habitants du territoire + 150 autres du Gard ont participé directement à sa conception, avec un dessinateur de Presse de renom Hervé Baudry, hélas décédé depuis. L’expo tourne encore, les visiteurs sont nombreux.

L’autre, la corrida de noël le 18 décembre dernier, où 572 mères et pères noëls ont couru dans les rue de Sommières créant une belle animation.

•Tous les bénéfices de ces courses contribueront à financer le programme d'accompagnement périscolaire de Calade mené en collaboration avec la communauté de commune et les écoles

•50 sponsors locaux ont répondu à l’appel.

•Cette course est inscrite sur les calendriers officiels

J’appelle cela une course citoyenne et solidaire qui représente bien les valeurs de Calade et de ses partenaires.

Mais comme toute organisation humaine, et particulièrement dans l’action sociale, pour durer il faut changer. Calade « dure » depuis longtemps : 20 ans. Par adaptation, multipliant les initiatives, tout en accumulant un énorme savoir-faire et une connaissance approfondie du territoire.

Force est de constater, un récent audit l’indique, que cela ne suffit plus pour continuer à assurer la pérennité à long terme, garantir le service aux habitants et maintenir l’emploi des salariés. D’importantes transformations sont d’ores et déjà en cours. La réécriture du projet social de Calade pour la période 2018/2022 revêt une importance stratégique inédite. En témoigne l’ampleur du travail déjà amorcé avec TOUS les partenaires de Calade.

 

Enfin, et pour certains le « scoop » est là, vous comprendrez que mes propos prennent une teneur particulière avec l’information suivante : Marie Claude a décidé d’arrêter ses activités de directrice générale de Calade.

Je ne vais pas m’étendre sur la situation particulière que représente le départ de la créatrice et animatrice d’une structure telle que Calade. J’ai connu au demeurant mais dans d’autres circonstances, le sentiment que cela peut représenter pour elle à titre personnel, et les conséquences possibles, mais c’est son choix, elle vous exposera ses motifs si elle le veut bien à l’issu de mon propos.

Ainsi, bien que ce ne soit pas le seul motif de réorganisation de Calade, vous comprendrez que celui-ci est quand même de taille.

Calade continuera, avec Stéphan Jannez et Sophie Almuneau comme cadres, et son actuel conseil d’administration au moment du départ de Marie Claude mi-août  2017.

Au sortir de ces 20 ans d’existence, je tiens à remercier TOUT le personnel de Calade qui est d’ores et déjà dans la dynamique du changement annoncé ainsi que ses bénévoles, véritable trésor humain que beaucoup nous envient.

Nos partenaires ont eux aussi bien saisi les enjeux, d’ailleurs leurs défis en ces contextes de restrictions budgétaires et de bouleversements politiques sont importants aussi. Nous trouverons ensemble des solutions car le vivre ensemble est dans les gênes de Calade et ce n’est pas la moindre des compétences que nous avons à offrir au territoire.

Robert Lefort, Président de Calade, mai 2017